Je dépasse les limites, sur les bords d’un bar où j’attends la musique, seul, vide, comme l’habitude ne tue personne, je patiente en silence. L’air et ses rythmes bêtes, rien ne va, toujours pareil, la vie me console dans sa solitude. On me reproche que je sois seul, seul penseur dans la nuit. Je n’ai d’égard que l’immensité de mon être minuscule, tout est si immense, j’ai peur d’un peu tout en ce monde si vaste, si vague. Je suis un être perdu dans la nuit. J’ai ce paraître obscur dans la nuit sans bruit, à en attendre. Attendre entendre du bruit, couvrir la pièce vaste et vide, si ce n’est de gens, ce sera de sons. Tant que mon imaginaire volatile se calme un instant. Je ne devrais jamais mélanger alcool et solitude, surtout à des kilomètres de tout ce que je peux connaitre. Mon seul repère, la lune et cette église qui prédomine la ville, prédominateur commun d’un monde qui l’oublie lentement, château fort d’un village, rassurant et toujours présent. Où je suis, je ne la connais pas, il y a quand même ce coté rassurant, un peu mystique, qui à force de me battre à coup de non-croyance, me ramène un peu en arrière, elle est là bien haute sur son socle d’église, à me lancer la main, me dire je suis là, d’un geste timide je l’effleure en guise de réconfort. Ce n’est pas l’église que je n’aime pas, c’est ce qu’elle contient, des années de longitude dictatrice, de discours rassembleur, de censure de pensés. C’est la forme qui me rassure, pas celle de sa géométrie extérieure, mais celle de son histoire, celle que j’y rattache. C’est mes parents qui m’y ont mené la première fois, c’est un lien facile et fragile vu la distance qui me sépare d’un, de l’autre. Tout se bouscule en moi, j’assomme à coup de Gull les idées qui me traversent, en attendant que ça commence, silence.
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